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UNE JOURNÉE AVEC MARC DUGARDIN

 

RENCONTRE ET CRÉATION À LA LIBRAIRIE QUARTIERS LATINS

LE 26 NOVEMBRE 2016

Il se pourrait que l’humanité ait commencé par des battues. Par des signaux d’alertes, frappés dans les mains et gargouillés par quelques bruits de bouche. Notre humanité primitive assumait son histoire animale : des cris, des battements, des signaux, pour dire le désir, la peur, le danger, … Puis, on ne sait comment, cela s’est articulé. Le langage des signaux sonores est devenu la langue des humains, leurs langues complexes et inventives.

 

Alors sont venus les poètes qui, dans toutes les cultures, ont commencé la littérature, par les légendes et les mythes. Chaque poète recommence toute cette histoire. C’est ce qu’a magnifiquement compris Adrien Tsilogiannis en refaisant avec respect trois poèmes de Marc Dugardin. Comment peut-on oser la parole ? Ni Dugardin, ni Tsilogiannis (et d’ailleurs ni vous ni moi) ne peuvent le dire. Mais la science musicale d’Adrien a épousé la science poétique de Marc. Tous les deux embrassent la même ignorance.

 

Un musicien ne « met » pas en musique un poète. Il va chercher, dans le texte, ce qui peut propulser son propre désir de commencer. Cela s’entend très bien, ici. Le texte n’est pas disloqué. Il est porté par une voix. Une voix n’est pas un cri. Elle humanise le cri primordial par le travail. Et, en l’occurrence, cette voix (celle de Clara Inglese) est enrobée de percussions (celles de Max Charue). La percussion, à son tour, fait son travail : en alliance avec la rythmique du poème, elle rappelle aussi que, si l’origine du texte et de la musique demeure imprenable, tout a dû commencer par des bruits. Des bruits que la musique a transformés en sons.

 

C’est à revivre toutes ces mutations que les Trois mélodies pour un psaume d’Adrien Tsilogiannis et Marc Dugardin nous convoquent. Et quand, tout à la fin, le « bol tibétain » de Max Charue tinte dans les fréquences de la voix de Clara Inglese, on perçoit que ces commencements revisités estompent, en un instant impossible à mesurer, et le temps, et l’espace…

Lucien Noullez

La création de Trois mélodies pour un psaume, pièce pour voix et percussions d'Adrien Tsilogiannis, sur des poèmes de Marc Dugardin*, a eu lieu dans le cadre d'une journée consacrée au poète pour son 70e anniversaire. 

* extraits de Solitude du choeur (Editions Rougerie)